Vaincre le syndrome de l’imposteur : reprendre confiance en tant qu’entrepreneuse

On en parle, on en parle, on en parle. Depuis plusieurs années, on voit régulièrement des titres de magazines sur cette thématique. De nombreux livres nous promettent également de nous aider à avancer sur ce sujet. Des formations, il y en a à la pelle !

Et pourtant, il y a encore beauuuuuuucoup de Femmes Entrepreneures [je ne sais jamais si on dit Entrepreneures ou Entrepreneuses !] qui ressent ce fameux “syndrome de l’imposteur.

Avec cet article de blog, je vous invite à découvrir ce que c’est concrètement. Osons mettre des mots sur ces maux. Osons admettre que peut être cela nous concerne aussi. Et surtout, trouvons ensemble des solutions !

Reconnaitre ses doutes et ses limites, c’est le premier pas pour avancer dans le respect de la personne que l’on est.

Qu’est-ce que le syndrome de l’imposteur et pourquoi touche-t-il particulièrement les femmes ?

Pour y répondre, je vais oser vous donner un exemple et me dévoiler ici.

Lors de ma première formation sur la santé au travail devant un groupe de Dirigeants (vous savez, ceux en costard cravate, qui regardent les jeunes regard dédaigneux), j’ai ressenti un poids immense. J’ai senti mes joues devenir rouges, mes mains moites. Mille questions se sont précipitées dans ma tête lorsque j’installais la salle et qu’ils commençaient à arriver : Suis-je vraiment à la hauteur pour leur parler de ce sujet ? Je ne suis “qu’une” petite nana et ils sont impressionnants… Vont-ils m’écouter ? Vont-ils apprendre de ce que je vais pouvoir leur transmettre ? … Pourtant, j’avais des années d’expérience et un diplôme solide de Psychologue du Travail. Mais cette petite voix en moi n’en finissait pas de m’auto-critiquer et de me faire douter de moi. Aux points que j’ai dû boire de l’eau et faire des exercices de respiration et de visualisation pour avant de débuter la formation.

Ce sentiment, que j’ai appris à identifier plus tard comme le syndrome de l’imposteur, est une réalité que beaucoup de femmes partagent. Le syndrome de l’imposteur se manifeste par une impression persistante de ne pas mériter ses succès, de tromper son entourage, et par la peur constante d’être « démasquée ». Les femmes, en particulier dans des environnements professionnels dominés par les hommes, sont souvent plus vulnérables à ce phénomène en raison de stéréotypes de genre, de pressions sociétales et d’une tendance culturelle à minimiser leurs réalisations.

Le syndrome de l’imposteur est un véritable voleur de confiance, mais une fois que nous l’identifions, nous pouvons commencer à réécrire notre propre histoire

Le syndrome de l’imposteur, identifié pour la première fois en 1978, se traduit par un sentiment profond de ne pas mériter ses réussites, malgré les preuves objectives du contraire. Il pousse celles qui en souffrent à attribuer leurs succès à des facteurs externes comme la chance, plutôt qu’à leurs compétences.

Ce phénomène touche particulièrement les femmes pour plusieurs raisons : les attentes sociétales, le perfectionnisme, et la sous-représentation des modèles féminins dans de nombreux secteurs. Une entrepreneuse que j’ai accompagnée me confiait : « Chaque fois que je signe un contrat, je me dis que c’est peut-être le dernier, que les autres finiront par découvrir que je ne suis pas à la hauteur. »

Les impacts du syndrome de l’imposteur sur l’entrepreneuriat féminin

Le syndrome de l’imposteur peut avoir des conséquences profondes sur nous toutes, les entrepreneuses, fréquemment bien au-delà de ce que l’on imaginent.

Je me souviens d’une amie qui avait une idée brillante pour son entreprise, mais elle n’osait pas en parler en réunion, craignant de ne pas être légitime face à ses collègues. En en parlant avec elle après, elle m’a dit “qui suis-je pour pouvoir prétendre que j’ai des idées innovantes ?”. Ce doute peut être un frein à sa carrière et à son épanouissement sur la durée …

Ce syndrome pousse certaines femmes à minimiser leurs compétences ou à douter de leurs succès, attribuant leurs réussites à la chance plutôt qu’à leur talent ou à leur travail acharné. Cela peut entraîner des conséquences concrètes :

  • Hésitation à saisir des opportunités : Une entrepreneuse peut refuser de participer à un concours, de présenter son entreprise à un investisseur ou de postuler pour un projet ambitieux par peur de l’échec.
  • Épuisement professionnel : En essayant de compenser ce sentiment d’imposture, beaucoup redoublent d’efforts, travaillent excessivement et finissent par s’épuiser.
  • Auto-sabotage : Parfois, ce doute constant peut amener à prendre des décisions qui limitent la croissance de l’entreprise, comme ne pas augmenter ses tarifs ou ne pas déléguer des tâches importantes.

Le syndrome de l’imposteur ne touche pas seulement la confiance individuelle, mais il peut aussi avoir un impact sur l’économie en freinant l’innovation et l’audace entrepreneuriale. Pourtant, il est possible de changer cette dynamique : en créant des espaces bienveillants et des réseaux de soutien, les femmes peuvent se rappeler qu’elles ne sont pas seules dans cette lutte intérieure.

Se libérer de ce poids, c’est ouvrir la porte sur un monde des possibilités immenses !

Dora Blasberg prendre confiance en tant qu’entrepreneuses

5 étapes pour surmonter le syndrome de l’imposteur

Pour être tout à fait honnête avec vous, surmonter le syndrome de l’imposteur ne se fait pas en un claquement de doigts ! Cela demande du temps, de la patience et un travail sur soi. Je peux cependant vous assurer que c’est une démarche essentielle pour retrouver confiance et sérénité en tant qu’entrepreneuse. Voici cinq étapes concrètes pour avancer :

1. Reconnaître et accepter vos émotions

La première étape est de prendre conscience de vos pensées limitantes.

Quand vous identifiez des pensées rabaissantes, le doute monter : arrêtez-vous quelques secondes et demandez-vous :

Est-ce que je pense vraiment ça ? Est-ce que c’est basé sur des faits ? Ou est-ce juste une peur qui parle ?

En identifiant ces moments de doute, vous pouvez commencer à les remettre en question.

2. Listez vos réussites : créez votre carnet positif !

J’ai une manie : acheter des jolis carnets avec des couleurs dynamiques, des formes jolies ou des pensées positives dessus. Je suis très “vieille France” et n’arrive pas à prendre mes notes uniquement en ligne. Un secret que je souhaite vous partager est celui de trouver LE carnet qui vous fait ressentir du bien-être rien qu’en le voyant. N’hésitez pas à le personnaliser avec des paillettes, des collages, des images…

Prenez ensuite du temps pour vous. Quelques minutes peuvent suffire si vous aussi, vous courrez après le temps. Posez-vous avec de la musique et un bon petit thé par exemple et réfléchissez : quels sont vos accomplissements ? Quelles sont les choses qui vous rendent fières ? Qu’est-ce que vous ne pensiez pas réalisable et que finalement, vous avez réussi ?

Les accomplissements peuvent être de toutes natures, petits et grands. Réussir à parler à un inconnu, réussir à envoyer un dossier à temps, avoir été contacté par un média pour une interview, avoir osé parler d’une idée à untel…

Relisez cette liste régulièrement pour vous rappeler de votre valeur.

Une amie entrepreneure m’a un jour dit : « À chaque fois que j’écris mes succès, je réalise que j’ai accompli bien plus que je ne pensais. C’est un exercice puissant. et ça me fait du bien au moral !”

3. Parlez-en autour de vous

Non, ce n’est pas la honte que d’oser parler de ces pensées qui nous envahissent. Ouvrez-vous à des personnes de confiance : mentors, amis, réseaux professionnels. Parler de vos doutes peut vous aider à les démystifier. Vous entendrez probablement que beaucoup d’autres femmes partagent ces mêmes ressentis….

L’entraide féminine peut être un rempart formidable contre le syndrome de l’imposteur !

4. Apprenez à dire NON à la perfection

Le perfectionnisme alimente souvent le syndrome de l’imposteur. Donnez-vous le droit de faire des erreurs : elles font partie du processus d’apprentissage.

Un proverbe japonais dit : « Tomber sept fois, se relever huit. »

Adoptez cette philosophie et valorisez vos efforts, même imparfaits !

5. Développez une routine de renforcement de la confiance

Prenez l’habitude de vous encourager chaque jour. Cela peut être à travers des affirmations positives, des exercices de respiration ou la méditation.  Je vous recommande également de vous entourer de personnes qui vous inspirent et croient en vous ! Leur énergie positive est contagieuse et peut vous rappeler à quel point vous êtes capable.

En suivant ces étapes, vous construirez peu à peu une nouvelle relation avec vous-même, basée sur la confiance et l’estime. Je suis persuadée que chacune de nous, entrepreneuse, ou Femme, ou toutes personnes en général, a une voix unique à faire entendre. Apprendre à libérer ses doutes, c’est se donner la chance d’exprimer tout son potentiel et d’oser saisir des opportunités qui se présentent.

Comment transformer ses doutes en force entrepreneuriale ?

Les doutes, bien qu’inconfortables, peuvent devenir un véritable levier de croissance personnelle et professionnelle si on choisit de les apprivoiser. J’ai appris que mes doutes ne sont pas des ennemis : ce sont des signaux. Ils me rappellent que je sors de ma zone de confort et que je me lance des défis !

Je vous livre mes 5 secrets pour transformer vos doutes en force entrepreneuriale !

1. Voir le doute comme une opportunité de réflexion

Plutôt que de lutter contre vos doutes, interrogez-les : pourquoi surgissent-ils ? Souvent, ils révèlent des zones où vous souhaitez progresser.

Par exemple, si vous doutez de vos compétences dans un domaine, cela peut être une invitation à vous former davantage ou à chercher des conseils auprès d’un mentor.

2. Utiliser le doute pour innover

Les doutes peuvent aussi être des déclencheurs d’innovation. Ils vous poussent à remettre en question vos façons de faire, à explorer des idées nouvelles et à anticiper des besoins que vous n’aviez pas encore identifiés.

C’est en questionnant mes choix que j’ai parfois trouvé des solutions plus créatives et adaptées aux attentes de mes clients.

3. Canaliser le doute dans l’action

Rien ne dissipe mieux le doute que l’action. Prenez une décision, même imparfaite, et ajustez en cours de route.

Un dicton populaire dit :

Celui qui attend que tout soit parfait avant de commencer n’accomplit jamais rien.

En entreprenant, vous découvrirez que vos doutes s’effacent à mesure que vous progressez.

4. Transformer les échecs en apprentissages

Le doute est souvent amplifié par la peur de l’échec. Pourtant, chaque obstacle rencontré peut devenir une source d’apprentissage.

J’aimerai vous rappeler cette idée : « L’échec n’est pas l’opposé du succès, mais une étape sur le chemin qui y mène. »

En tirant des leçons de vos expériences, vous renforcerez votre résilience.

5. Faire des doutes un moteur de connexion

Partager vos doutes avec d’autres entrepreneuses peut créer des échanges sincères et enrichissants. Ces discussions permettent non seulement de relativiser vos propres peurs, mais aussi de trouver des solutions inspirantes et de bâtir des relations fortes.

En apprenant à utiliser vos doutes comme des tremplins, vous transformerez ce qui semblait être une faiblesse en une véritable force entrepreneuriale.

Les doutes, lorsqu’ils sont bien appréhendés, deviennent une boussole. Ils nous indiquent ce qui compte pour nous et nous incitent à devenir de meilleures versions de nous-mêmes.