Il est temps de briser les tabous et d’oser parler de ce qui se passe de l’autre côté de l’Atlantique.
La situation est assez grave pour en consacrer un article de blog !
Bon, je dois vous l’avouer, je range cet article dans la catégorie “innovation internationale”, mais on est plutôt dans celle du recul international…
Que se passe-t-il aux USA ?
Depuis son retour à la présidence en janvier 2025, Donald Trump a lancé une offensive contre les politiques de Diversité, d’Équité et d’Inclusion (DEI), menaçant des décennies de progrès en matière d’inclusion professionnelle. La suppression de financements dédiés, l’abrogation de mesures de protection et la pression exercée sur les entreprises américaines pour abandonner leurs initiatives DEI ont des répercussions bien au-delà des États-Unis.
Plus concrètement, si on parle franchement, il a carrément fait envoyer un courrier aux salariés des programmes fédéraux jugés différents comme les “handicapés” pour leur demander de rester chez eux, les congédiant de venir travailler…
Trump : fin stratège ou inconscient ?
Un fait demeure : un handicap sur deux survient au cours de la vie. En réduisant la diversité et l’accessibilité en entreprise, l’administration Trump oublie qu’elle met en péril non seulement l’employabilité des personnes en situation de handicap, mais aussi l’équilibre et la productivité des entreprises elles-mêmes. Ce recul n’affecte pas seulement une minorité : chaque employé, chaque dirigeant est potentiellement concerné par une maladie, un accident ou une situation impactant sa capacité de travail.
Derrière cette décision se pose une question stratégique : Trump agit-il par pur calcul électoral, en flattant une frange conservatrice hostile aux politiques DEI, ou sous-estime-t-il réellement l’impact économique et humain de ce revirement ? Car en négligeant l’inclusion, il compromet aussi la compétitivité des entreprises américaines sur le marché mondial. À l’heure où les grandes firmes recherchent agilité et innovation, peut-on réellement se permettre de sacrifier le potentiel de millions de travailleurs qualifiés sous prétexte d’un agenda politique ?
N’oublions pas que le travail rend aussi handicapé et invalide !
Si un handicap sur deux survient au cours de la vie, il est crucial de rappeler que le travail lui-même est une cause majeure de handicap et d’invalidité. Les troubles musculo-squelettiques (TMS), le burn-out, les accidents du travail et les maladies professionnelles touchent chaque année des millions de travailleurs à travers le monde. Aux États-Unis, plus de 30% des arrêts longue durée sont liés à des pathologies professionnelles, et les chiffres explosent dans les secteurs exigeants comme la logistique, la santé ou l’industrie.
En affaiblissant les politiques d’inclusion et de prévention, l’administration Trump oublie un élément clé : toute personne valide aujourd’hui peut devenir handicapée demain. Les entreprises qui négligent cet enjeu risquent non seulement une perte de talents précieuse, mais aussi une augmentation des coûts liés aux absences, aux soins et aux compensations. L’inclusion et la prévention ne sont pas une option, mais un investissement stratégique pour l’avenir du travail.
Trump et l’érosion des politiques DEI : quelles conséquences ?
L’abrogation de l’Executive Order 11246, qui imposait des pratiques de non-discrimination et d’action positive aux contractants fédéraux, a marqué le début d’un recul historique. En réponse, plusieurs grandes entreprises comme Goldman Sachs, Amazon, Google et Meta ont revu leurs engagements en matière de diversité. Si certaines initiatives persistent sous d’autres formes, beaucoup d’entreprises réduisent leurs budgets et réorientent leurs stratégies pour éviter les tensions politiques.
Cependant, ces décisions ignorent une réalité économique essentielle : les entreprises les plus inclusives sont aussi les plus performantes. Des études démontrent qu’une meilleure représentativité des minorités et des personnes en situation de handicap favorise l’innovation et la productivité.
Un impact international : l’Europe doit-elle s’inquiéter ?
Ce retour en arrière pourrait influencer les multinationales ayant des activités aux États-Unis, impactant les stratégies d’inclusion à l’international. Si des pays comme la France, l’Allemagne ou l’Espagne réaffirment leur engagement en faveur de la diversité, la pression économique et les échanges commerciaux avec les États-Unis pourraient à terme freiner certaines initiatives.
Néanmoins, plusieurs grandes entreprises européennes, comme Accenture et Deloitte, résistent à cette tendance en renforçant leurs engagements. L’enjeu est de taille : doit-on sacrifier l’inclusion et la performance au nom d’un climat politique instable ?
Optimisme et résilience : l’inclusion, une force pour l’avenir
Face à ce défi, il est crucial de se rappeler que l’inclusion est un levier de réussite et de cohésion sociale. Plutôt que de céder au pessimisme, les entreprises et les individus engagés dans ces démarches peuvent utiliser cette période pour :
- Redéfinir leurs stratégies DEI en mettant l’accent sur des actions concrètes et durables.
- Miser sur l’éducation et la sensibilisation pour démontrer l’impact positif de la diversité sur la performance collective.
- Valoriser les talents issus de la diversité et favoriser leur progression en entreprise.
Un débat à suivre sur Sud Radio avec Dora Blasberg
Pour approfondir ces questions, Dora Blasberg est intervenue sur Sud Radio dans l’émission « Faut que ça change » animée par Anthony Martins Misse, aux côtés d’Hamou Bouakkaz, Virginie Dubost et Salim, le samedi 8 mars à 20h30. Ce débat a abordé les enjeux actuels de l’inclusion en entreprise et les solutions possibles face à la montée des résistances politiques.
💡 Pour aller plus loin et découvrir comment les sensibilisations peuvent être un levier d’action collective, rendez-vous sur la page dédiée aux sensibilisations.